La Favorite

Voyage d’une frégate négrière

Le commerce d’esclaves venus d’Afrique est une leçon sur le rapport des Occidentaux du 18e siècle avec le reste du monde. Vous cherchez un moyen de faire revivre le cours de l’Histoire ? L’immersion est un outil pédagogique idéal pour tirer un véritable apprentissage de notre passé. Plongez avec nous dans le récit passionnant de La Favorite, authentique frégate négrière de son époque !

Aborder l’Histoire du 18e siècle grâce à l’histoire captivante de La Favorite

Le manuscrit du journal de bord de La Favorite, une frégate de la Compagnie des Indes, retranscrit le quotidien d’un navire négrier au 18e siècle. Ce document est exceptionnel par la richesse des informations qu’il nous apporte. Il nous donne l’occasion d’en apprendre plus sur le commerce triangulaire, la situation politique de cette époque où la navigation dans un monde encore trop mal connu.

Suivez ce navire depuis son départ et jusqu’à son retour à Lorient. Chaque jour permet de comprendre un peu plus comment le capitaine de Sanguinet se confronte à ses problèmes de marin et de négrier. C’est aussi l’occasion d’ouvrir les yeux sur une période de bouleversements du système économique, avec l’implantation de Compagnies des Indes dans différents pays. Ceci allait engendrer la fortune considérable de quelques-uns, avant l’explosion du mécontentement populaire.

Étudier un témoignage sur la traite des Noirs

Ce qui pourrait apparaître comme un récit supplémentaire autour du trafic d’esclaves est ici un témoignage direct, vécu de l’intérieur par son auteur en 1743 et 1744. Les questionnements et les jugements sur ces pratiques ne se feront entendre que plus tard. Pour l’instant, outre le suivi parfois hésitant de son parcours, le capitaine expose comment il tente de remplir au mieux la mission qui lui a été confiée par ses commanditaires.

Des 507 esclaves noirs embarqués sur La Favorite, seuls 456 atteignent Saint-Domingue. Plus de 40 jours de traversée dans des conditions épouvantables auront eu raison de 51 malheureux. Les captifs ne disposent que d’un emplacement réduit à environ 1,75 m de long, 50 cm de large et 50 cm de hauteur. Ils sont donc enchaînés, couchés sur des bat-flancs, et il leur est impossible de se déplacer hormis quand leurs geôliers les font monter sur le pont pour un minimum d’exercice. Par ailleurs, le manque de vitamine C lié à la nourriture peu variée génère de nombreux cas de scorbut. Les conditions d’hygiène désastreuses engendrent quant à elles un terrain favorable aux maladies, qui se propagent d’autant plus facilement que la promiscuité s’accompagne d’un manque d’aération de l’entrepont. Un tel bilan humain n’a donc rien d’étonnant dans des circonstances pareilles.

C’est au cours de recherches généalogiques que les auteurs de ce site ont découvert par hasard le manuscrit de ce journal de bord. Après de nombreuses années à déchiffrer et analyser ces précieux documents, accompagnés de recherches poussées sur le sujet, ils ont voulu vous partager ici le fruit de leur travail.