Techniques de Navigation
Point & position - Longitude
En 1743, les instruments de navigation sont encore rustiques. Il est pourtant nécessaire de mesurer le cap suivi, les relèvements* des terres rencontrées, la position des astres, le temps qui passe ou encore la vitesse du bateau. On comprend que l’incertitude associée à chacun de ces paramètres entraînait au final une marge d’erreur très conséquente qui avait un impact sur la façon de naviguer. 
Le globe terrestre est parcouru par des lignes fictives qui relient les deux pôles : les méridiens. Ceux-ci sont comptés de 0 à 180° vers l’Est ainsi que vers l’Ouest. La longitude d’un point est l’écart de sa position par rapport au méridien de référence. Si, aujourd’hui, il existe un consensus sur l’utilisation du méridien de Greenwich comme référence, ce n’était pas le cas au XVIIIème siècle. Chaque pays avait le sien. La France utilisait le méridien de l’île de Fer (Canaries) et, si le capitaine de Sanguinet prend celui de Tenerife pour définir sa route, c’est tout simplement que c’est celui qu’utilisaient les Hollandais et que sa carte est hollandaise.

Mesure  
Il n'y avait aucun système de mesure directe de la longitude à bord de La Favorite. Ceci sera rendu possible dans la seconde partie du XVIIIème siècle avec l’arrivée de chronomètres de marine fiables et capables de faibles dérives. Il suffira alors de mesurer l’heure exacte sur place (midi solaire) et de constater l’écart de temps avec l’heure au méridien de référence. (voir les explications dans la page concernant le sablier).  
Il semble donc que le capitaine n’ait pu se baser que sur son «estime» c’est-à-dire la prise en compte de la marche de son navire et de paramètres plus subjectifs à l’époque comme la dérive liée aux courants. Il tient compte également de la variation (voir Ecarts & corrections)

Imprécisions  
Dans ces conditions, la longitude ne peut être qu’indicative. Elle était recalée lors de la reconnaissance d’une terre. La valeur n’était cependant pas d’une précision absolue puisque les cartes elles-mêmes étaient entachées d’erreurs.

 
Les conséquences  
La navigation se fait le plus possible « à vue ». On longe la côte le jour quand c’est possible. La nuit, pour limiter les risques, le capitaine s’éloigne vers le large. Les cartes utilisées à bord étant elles-mêmes relativement imprécises, il est préférable de ne pas mettre le bateau en péril.