Traite des Noirs

Esclaves & plantations
En 1743, à Saint-Domingue, on trouve une population composée de blancs libres, de blancs engagés (qui doivent accepter des conditions de vie d'esclave pendant trois ans en échange du prix de leur voyage), de métis libres ou esclaves (avec une hiérarchie extrêmement précise en fonction du degré de métissage, de noirs parfois affranchis (ou même marrons, c'est-à-dire fugitifs), mais dans leur très grande majorité, esclaves. 
 
A la fin du XVIIIème siècle, la répartition la population de Saint-Domingue (source Moreau de St-Méry) était la suivante : 
  • 40.000 blancs (libres et engagés) 
  • 28.000 affranchis ou descendants d'affranchis 
  • 452.000 esclaves 
 
La grande majorité des Noirs transportés d'Afrique à Saint-Domingue l'ont été pour satisfaire les besoins de main d’œuvre des planteurs et particulièrement ceux de canne à sucre et accessoirement de l'indigo, du café ou du coton encore faiblement développés. On en a aussi fait travailler dans des mines ou des exploitations forestières. Par ailleurs, les colons utilisaient également des esclaves comme gardiens ou comme domestiques. C'est en particulier à cette fonction que beaucoup de femmes esclaves étaient affectées, surtout les plus claires de peau. 
 
Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que les colons, en particulier les premiers arrivés, étaient presque tous des hommes, très peu de femmes ayant émigré de France à Saint-Domingue. Ils se sont unis à des femmes esclaves et une population métissée a commencé à apparaître dans les plantations. Le Code Noir tenta sans grand succès d'interdire ces pratiques. La couleur de la peau plus ou moins claire était un élément de statut social à mi-chemin entre le colon et l'esclave noir. En s'unissant avec des femmes à la peau de plus en plus claire, les colons ont créé des générations de femmes métissées, très soucieuses de faire valoir les prérogatives que leur ascendance en partie blanche pouvait leur faire espérer. S'unir à un blanc, pour une femme à la peau sombre a pu devenir une sorte d'objectif car, pour elle, et plus encore pour ses descendants, avoir des enfants d'un homme blanc était souvent synonyme de meilleur traitement. 
 
Le statut social et donc le prestige d'un planteur se mesuraient au nombre d'esclaves qu'il faisait travailler. Il arrivait que celui qui n'en avait pas assez pour satisfaire ses désirs de grandeur, en vienne à les louer. Une grande plantation pouvait faire travailler plusieurs centaines d'esclaves mais on trouvait aussi à Saint-Domingue, au milieu du XVIIIème siècle, de nombreux colons moins fortunés ou plus récemment installés, disposant de moins de dix esclaves.