Commerce maritime
Contexte politique
La situation intérieure 
La France de 1743 a pour roi Louis XV. Arrière-petit-fils de Louis XIV, à la mort de ce dernier, le 1er septembre 1715, il est devenu roi à seulement 5 ans. Le pouvoir avait alors été confié à son grand-oncle le Duc d'Orléans (fils du frère de Louis XIV), nommé Régent.

La majorité royale étant fixée à 13 ans, la Régence cesse officiellement le 15 février 1723. Et le jeune roi aurait continué de s'appuyer sur le Duc d'Orléans si celui-ci n'était pas mort le 2 décembre 1723. Le jeune Louis XV va, pour les actes de gouvernement, prudemment s'en remettre le plus souvent à l'avis de son précepteur le Cardinal de Fleury qui deviendra une sorte de Premier Ministre en coulisse. Or le Cardinal de Fleury décède le 29 janvier 1743. Louis XV a alors presque 33 ans et il décide de gouverner seul.

1743 est donc une année importante dans le règne de ce monarque. 
Louis XV peut s'appuyer sur une grande popularité, due notamment au fait qu'il apparaît comme une sorte de survivant parmi les Bourbon après de nombreux décès et qu'il a été jusqu'alors plutôt en retrait de la vie politique. De plus, en 1744, il tombe très gravement malade à Metz et la France entière l'a cru perdu. Son retour à Versailles n'en est que plus triomphal. Il est alors surnommé le "Bien-Aimé". 

La fin de son règne sera moins idyllique. Les intrigues de cour, l'influence et les jalousies de nombreuses maîtresses ainsi qu'une réputation grandissante d'indécis méprisant, minent progressivement sa belle popularité. Quand il mourra le 10 mai 1774, il y aura des manifestations de réjouissance y compris au sein même de la Cour.
Le contexte international
La période de 1743-1744 est marquée, au plan international, principalement par une grande tension en Europe autour de la succession de Charles VI de Habsbourg, empereur romain germanique et souverain d'Autriche. L'origine de cette tension provient d'une disposition testamentaire de son père, Léopold Ier de Habsbourg, roi de Hongrie et de Bohème, Grand-Duc d'Autriche et élu Saint-Empereur romain germanique. Celui-ci avait deux fils. L'aîné Joseph héritier du trône n'avait pas d'héritier mâle vivant mais il avait deux filles. Des dispositions successorales furent prises pour qu'en cas de décès de Joseph, ce soit son frère Charles qui lui succède, mais au cas où celui-ci n'aurait pas lui-même d'héritier mâle, la couronne impériale reviendrait à l'aînée des filles de Léopold ou à ses descendants. Joseph est donc devenu empereur à la mort de son père, puis à son propre décès, c'est son frère qui lui a succédé sous le nom de Charles VI de Habsbourg.

Pour éviter qu'à sa mort, au cas où il se trouverait lui-même sans héritier mâle, la couronne ne quitte sa lignée, Charles VI prit un édit en 1713 léguant sa couronne, à défaut d'héritier mâle, à sa fille aînée Marie-Thérèse. Pour éviter les contestations, il prit soin de le faire ratifier par son parlement et tenta de le faire approuver par les puissances étrangères. Mais toutes ne l'acceptèrent pas car justement, il n'avait pas de fils, et Marie-Thérèse avait épousé François de Lorraine qu'elle espérait bien faire élire empereur. Notamment les électeurs de Saxe et de Bohème refusèrent de ratifier l'édit contesté. Si bien qu'au décès de Charles VI, sa fille Marie-Thérèse d'Autriche hérite d'une situation délicate.

La Guerre de succession d'Autriche est déclenchée par le roi de Prusse Frédéric II, que Marie-Thérèse considérait pourtant comme un allié, lorsqu'il envahit la Silésie sans déclaration de guerre, sous prétexte que c'était le prix à payer pour obtenir son appui. Marie-Thérèse cherche du soutien auprès de l'Angleterre dont le roi est également électeur de Hanovre. Frédéric II, de son côté, obtient un soutien de la France qui s'engage à l'appuyer. L'Espagne et la Bavière se joignent aux alliés de la Prusse, tandis que les Provinces-Unies (Hollande), le Grand-Duché de Saxe et le Royaume de Piémont-Sardaigne rejoignent l'autre camp. 

Deux fronts se forment. Le premier oppose la Prusse à l'Autriche. Les Prussiens gagnent rapidement du terrain et Marie-Thérèse préfère signer avec Frédéric II une paix séparée qui lui fait abandonner ses alliés et en particulier la France. Le second, plus à l'ouest oppose justement la France à l'Autriche et à ses alliés anglais. Des combats font rage sans aucune déclaration de guerre préalable. Ils vont même quasiment permettre aux Français de capturer le roi d'Angleterre George II en juin 1743, mais celui-ci parvient in extremis à s'échapper et regagner Londres où il est accueilli en héros. Finalement, la guerre est officiellement déclarée par le France à l'Angleterre et à l'Autriche le 15 mars 1744.

L'Angleterre impose alors sa suprématie navale et va même tenter en 1746 un débarquement à Lorient. Mais la mauvaise préparation de l'opération et la résistance acharnée des Bretons conduira ce débarquement à l'échec. 
La guerre va durer jusqu'en 1748 et se solder par le Traité d'Aix-la-Chapelle. La France ne perdra pas de territoires mais elle en sortira politiquement et économiquement affaiblie. De plus les insuffisances de son armée auront été particulièrement mises en évidence.