Commerce maritime
Compagnie des Indes
En août 1664, Colbert fonde deux compagnies : la Compagnie des Indes Orientales ayant privilège sur le commerce avec les terres bordant l'Océan Indien et la Compagnie des Indes Occidentales ayant privilège sur le commerce avec les colonies d'Amérique. Mais cette dernière est un échec et est dissoute en 1674, tandis que sa soeur jumelle connaîtra bien des vicissitudes.

Cependant, dès 1666, un chantier naval et un port d'armement sont aménagés en Bretagne, dans l'estuaire du Blavet dont l'entrée est gardée par la citadelle de Port-Louis. Le personnel est logé dans une ville nouvelle appelée L'Orient (qui deviendra Lorient). En 1743, la ville et l'installation portuaire de la Compagnie des Indes sont encore un immense chantier. Le magasin général est construit en 1744-1745.

La Compagnie des Indes en 1743, dont la dénomination exacte est Compagnie perpétuelle des Indes, s'est constituée en 1719 sur les ruines de la Compagnie des Indes Orientales, qu'elle a absorbée l'année suivante, après la tourmente spéculative et la banqueroute de Law. Mais elle a également obtenu le privilège du commerce avec la Louisiane, et en absorbant la Compagnie du Sénégal, elle met la main sur le juteux commerce des esclaves.

En 1723, la Compagnie est réorganisée et retrouve son indépendance. Active dans le commerce avec les colonies d'Amérique comme avec celles d'Asie et en particulier les comptoirs de l'Inde, elle redevient une puissance économique de premier plan. 
Malheureusement, la guerre déclarée à l'Angleterre en 1744 vient mettre un frein brutal à son redressement. Ses vaisseaux sont trop souvent pris pour cible par la marine royale ou les corsaires anglais. La concurrence avec la Compagnie anglaise des Indes orientales est faussée par un rapport de force défavorable qui s'aggrave dès 1756 avec le début de la Guerre de Sept ans.

Les armateurs contestent de plus en plus les privilèges accordés à la Compagnie qui doit les abandonner en 1769. Cependant avec le soutien du Roi, et la récupération d'une partie de ses privilèges après une ultime transformation en 1784, la Compagnie parvient à lever des capitaux et à faire face à ses engagements. Le coup de grâce est cependant donné en 1790 quand le commerce avec les colonies est déclaré libre par l'Assemblée Nationale. La liquidation est décidée en 1795.