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Journal

26 mai 1744
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Mardy 26e. vent du Sud au S¼SO, Bon fraix, la mer un peu Grosse, Singlant* avec les quatre voilles majors*, un ry1 dans le huniers*, tenant la routte de L'ESE au SE¼E et la routte estimée me vaut lest 4d S chemin --------------------------------------------------- 41L⅓ 
Lattitude obServée N --------------------------------------- 47d 44 
Lattitude estimée N ---------------------------------------- 47d 41 
Longittude arrivée ------------------------------------------ 359d 55 
Variation* obServée ortive* NO ------------------------- 16d 40 
(Jai Baucoup de matelots qui se plaignent et dautres tout à fait malade) 
Meyda me reste a midy a oso 2d o distance de 66L⅓ 
le Banc de Sable le plus au Sud a lest, 4d S –------ 93L 
Si le chirurgien ecoutoit tous ceux qui Se plaignent detre malades Sans cependant en done aucune aparance2, Je n'aures pas un homme debout, cest pour avoir quelque rafraichissemt3 qu'on conServe pour les veritables malades.
Notes : 
1 un ris*
2 sans en donner aucune apparence = sans en avoir aucun symptôme
3 Ce qu'on appelait rafarîchissement était la nourriture fraîche.
Commentaires : 
  • Les remarques assez sévères sur l'équipage de la part du capitaine en disent long sur la dureté de la vie à bord. 
  • Il n'y aurait rien d'extraordinaire à ce qu'il y ait eu quelques tire-au-flanc parmi les matelots, mais il est bien plus probable que le scorbut devait commencer à sévir après plus de 5 semaines de navigation depuis le départ de Saint-Domingue. 
  • Bien sûr, il faut garder à l'esprit que la nourriture servie à l'équipage n'était pas la même que celle servie aux officiers. Rien d'étonnant, dans ces conditions, que ces derniers ne perçoivent aucun malaise pour eux-mêmes.