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Journal

28 novembre 1743
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Jeudy 28e. vents variables du SE au ouëst passant par le S, calme et pluye abondante, ce qui augmente les malades, Je Gouverne depuis le ONO au N¼NO ce qui me done pr route directe le NO¼O 3d N chemin ------------------------------------------------------ 19L  
Lattitude estimée N ------------------------------------------ 16d 38  
Longittude arrivée ------------------------------------------- 345d 29  
(N° 21 marque 4 sur lepaule D. age 20 ans Bambara) 
Il faut que je prene de precautions1 pr faire mangé le noirs, pendant le temps de pluye je leur fais doner st2 de la viande, Biscuit et eau de vie, surtout le matin, les negresses ne sont point malades, jai 40 hom malades et 60 a travaillé sur le pont, qui me paroit suffisant, mort un negre ce matin a 9 hres dun abscès a lestomac une taÿe a louil D3.
Notes : 
1 en fait de précautions, on imagine volontiers qu'il tente de faire nourrir de force ceux qui ne veulent pas manger 
2 surtout 
3 une tache blanche à l'oeil droit. Et comme on présume qu'il s'agit du même homme que celui mentionné en marge, il porte aussi un 4 marqué sur l'épaule droite.
Journal du capitaine Pierre-René Behourd
du jeudy 28e  
depuis hier midy a aujourdhuy midy Les vents on été variable du SO¼S a oueste Ensuite calme et Ensuite Rafraichie les vents au SE par foy petit vents, Le temps couverts et pluvieux La mer belle singlé au Nord oueste 7L⅓ N¼NO 1L NO¼O ⅓ (de L?) NO¼O 2d oueste 6L⅓ ONO 4L⅔, a midy ne pouvant avoir hauteur La Route estimé ma valeu le NO¼O  
chemin estimé -------------------------------------------- 18L⅔  
Latt estimée Nord---------------------------------------- 16d 45  
Longt estimé -------------------------------------------- 345d 24m  
(morts un nègre)  
Sur les 8h du matin il est morts un negre dun abses qui Luy a crevée sur La poitrine quil a Rendeu par La bouche et par Les narine qui La etouffée
Commentaires : 
  • Le capitaine fait monter autant de captifs qu'il peut sur le pont. Officiellement pour les faire travailler, mais il s'agit clairement de leur faire prendre l'air car l'idée répandue au XVIIIème siècle était que les maladies étaient dues à une mauvaise qualité de l'air respiré. Le capitaine pense donc probablement que l'air de l'entrepont est la cause des maladies des captifs. Hélas le régime alimentaire décrit ici, devait inévitablement au bout de quelques jours, provoquer le scorbut, par manque de vitamines C. Les conditions d'hygiène étaient également tellement déplorables qu'on imagine bien à quelle vitesse les problèmes pouvaient survenir et évoluer de façon dramatique.