Précédent
Suivant
Journal

19 novembre 1743
Passer le pointeur de la souris sur le texte pour en obtenir la traduction
Mardy 19e, les vents au NE¼N, la mer grosse, tems a grains, 4hres du soir jai apareillé* et gouverné au SO jusques a 6hres que les isles la madelaine** au NO¼N 2L½, le cap manuel** au N 2L, lisle de Gorée** au NNE 5d°E 3L duquel jai fixe mon point de depart de lattitude nord de 14d°34 et de 359d°40m de longitude, jai estime la routte le OSO 2d°30 O chemin 35L¼   
(variation* NO 5d°14) 
Lattitude observée cy ------------------------------- 13d 47m  
Longittude arrivée ----------------------------------- 357d 58m  
Lattitude estimée N ---------------------------------- 13d 43m.
Journal du capitaine Pierre-René Behourd
du mardy 19e  
(partence de gorée** pour lamerique)  
depuis hier 5h du soir jusque a aujourdhuy midy Les vents on Regnée du NNE a ENE bon fray Le temps gras La mer un peu houleuse nous avons singlée au Route suivante au SO 5L⅔ OSO 9L⅓ O¼SO 2d sud 7L⅔ a oueste 13L⅓ a midy je mestimert estre dans le OSO 5d sud de Lille de gorée** distant de 37L⅔ qui est Le chemin que j'estime depuis mon apareyages ou de gorée**
chemin -------------------------------------------------------------------- 37L ⅔   
Latt party degorée** 14d 43m Latt arivée Nord ------------ 13d 52m 
Longitude du departs suivant pitrigose1--------------------- 359d 30m prenans mon meridien a tenerif** Longt arivée ----------- 357d 45m
Notes : 
1 Pieter Goos (1616-1675) était un cartographe néerlandais. Ses cartes ont été reprises et améliorées par Van Keulen. Le capitaine Behourt semble naviguer avec des cartes plus anciennes que le capitaine de Sanguinet. La correction de longitude indique que Pieter Goos utilisait le méridien de 'île de Fer (Hiero).
Commentaires : 
  • En prenant d'emblée un cap SO, le capitaine souhaite s'écarter assez rapidement de la côte. Bien sûr, il s'agit de se placer à une distance de sécurité des récifs mais il s'agit aussi, on y reviendra plus loin, de mettre la terre hors de vue le plus rapidement possible, pour prévenir des tentatives désespérées de certains captifs de se jeter à la mer pour rallier le rivage à la nage. 
  • On remarque à quel point le capitaine Behourd continue à s'investir dans la rédaction de son journal de bord, exactement comme s'il commandait lui-même le navire sur lequel il se trouve. 
  • Il faut noter que les capitaines naviguaient avec des instruments et des cartes acquises sur leurs fonds propres. Le capitaine Behourd continue donc à tracer sa route sur ses cartes personnelles. Son remplaçant à bord de La Fière a donc dû emporter également les siennes.